Soutien à Trân Tô Nga
Nous invitons tous les Françaises et Français amis du Vietnam à assister à l’inauguration d’une stèle en mémoire des victimes de l’agent orange. La cérémonie aura lieu au Parc de Choisy, Paris 13e, le samedi 25 à 11h. Soyez nombreux !
Le message de Nga :
Mesdames, Messieurs,
Le bruit des bombes et des balles s’est tu au Vietnam, mais la guerre, elle, n’est jamais réellement terminée.
Ses conséquences, notamment celles de la guerre chimique, restent d’une extrême brutalité : elles ne se contentent pas de détruire la nature, elles continuent de ravager la vie humaine.
Plus de 60 ans ont passé. À elles seules, les victimes des substances toxiques — parmi lesquelles l’Agent Orange, le plus dévastateur — s’élèvent à près de cinq millions de personnes.
On dit souvent que les victimes de l’Agent Orange sont les plus démunies parmi les démunis.
Elles naissent avec des maladies incurables, transmises de génération en génération. Nul ne sait quand prendra fin cette tragédie que j’ai qualifiée, lors du Tribunal international de soutien aux victimes de l’Agent Orange en 2009, de « catastrophe d’anéantissement des lignées familiales ».
Oui, cette catastrophe ne s’achève que lorsque toute une lignée est détruite… ou lorsque la reproduction cesse.
C’est pour cette raison que je me suis engagée dans un combat profondément inégal :
celui de poursuivre en justice 26 entreprises américaines ayant produit et fourni des défoliants, dont l’Agent Orange, contenant de fortes concentrations de dioxine — substances qui ont non seulement dévasté l’environnement, mais aussi détruit des vies humaines.
Un combat inégal, car une femme de 70 ans affronte 26 multinationales, parmi lesquelles Monsanto et Dow Chemical, véritables géants de l’industrie chimique mondiale.
Un combat inégal aussi, car je ne suis défendue que par deux avocats bénévoles, face à 38 avocats engagés par ces groupes.
Depuis 2009, cela fait 16 ans que ce combat a commencé.
Seize années, du procès en première instance devant le Tribunal d’Évry jusqu’à l’appel devant la Cour d’appel de Paris.
J’avais alors 70 ans ; aujourd’hui, j’en ai 85, et je poursuis ce combat avec détermination.
Car ce combat n’est pas pour moi seule, mais pour la justice due à près de cinq millions de victimes vietnamiennes de l’Agent Orange, ainsi qu’à des milliers d’autres victimes à travers le monde.
En plus de 16 ans, j’ai appris la patience. Mais la plus grande leçon que j’ai reçue est celle de la bonté humaine, présente en chaque être humain, partout dans le monde.
Lorsque j’ai engagé cette action, j’étais seule. Aujourd’hui, l’Agent Orange et les catastrophes des guerres chimiques ne sont plus ignorés par les peuples du monde. Le chemin que j’ai emprunté est désormais partagé par de nombreux soutiens, qui marchent à mes côtés et luttent par divers moyens, dans tous les domaines.
Parmi ces soutiens figurent notamment une résolution du Parlement belge en faveur des victimes de l’Agent Orange, ainsi que l’inauguration prochaine d’une stèle commémorative dédiée aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange, qui sera érigée sur une grande place à Paris le 25 avril prochain.
Je tiens à remercier la France de m’avoir permis de mener ce combat pour la justice et je remercie les peuples du monde entier de leur soutien constant, qui me donne la force d’aller jusqu’au bout de ce chemin.
Paris, le 15 avril 2026

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